Compost d’avril

Pour créer il faut un terreau fertile, et le meilleur terreau, c’est le compost. J’appelle compost tout ce que j’ai ingéré d’œuvres culturelles ce mois-ci. Je n’en fais qu’un rapport succinct, je garde ce qui m’a transfobouleversée pour la newsletter Premium !

En avril j’ai lu

Une lecture qui m’a pris un mois et des dizaines de notes : Quotidien politique, de Geneviève Pruvost, pour mon bookclub. Je repense à ce livre tous les jours. Je ne sais même pas comment en parler, lors de notre réunion du club de lecture j’avais du mal à articuler tout ce que j’avais pensé, parce que j’ai surtout ressenti. Je vais continuer à laisser infuser tout ce qu’elle dit avant d’en faire autre chose. Newsletter, article, projet de vie. C’est peu de dire que ce livre m’a changée.

Quelques romcoms. Je me suis assez régalée de Daddy Issues, de Kate Goldbeck, dont j’avais plutôt beaucoup aimé You, Again. Dans celui-ci, on suit Sam, une jeune femme dont la pandémie a mis le plan de carrière en pause indéfinie. Obligée de retourner vivre chez sa mère, elle tombe sous le charme de son voisin, père divorcé. J’aime bien la narration chez Goldbeck, c’est toujours assez sarcastique pour me faire rire, et assez précis pour me toucher. Pour moi, les romans de Goldbeck sont des romcoms qui plairont aux non-amateurices du genre, ce sont de bons romans sur ce qu’est avoir la trentaine aujourd’hui.

J’ai lu And Now, Back To You de BK Borison, le deuxième tome de sa série Heartstrings, après First Time Caller que j’avais adoré (et reco dans mon calendrier de l’Avnet). Je crois que j’ai un tout petit peu moins aimé celui-ci, mais de vraiment pas beaucoup. Cette fois on suit le présentateur météo de la radio, Jackson, et sa nemesis Delilah qui bosse à la télé, dans le studio en face. J’ai un grand faible pour les personnages d’hommes coincés (disons-le franchement : neuroatypiques) donc assez fan de Jackson. La pauvre Delilah m’a un peu moins conquise, mais c’était quand même très mignon, et je vais pas vous mentir, je lirai le prochain avec plaisir.

J’ai lu Les miettes de Marion Mulmann. Je ne sais même plus comment j’ai découvert le travail de cette autrice, mais depuis je suis une grande fan, je la trouve hilarante, j’adore son trait, et je suis impressionnée par la manière dont elle raconte des histoires. Cette BD autobiographique m’a beaucoup touchée, vivement la prochaine BD de Marion Mulmann. Hâte de voir ce qu’elle va faire ensuite.

J’ai piqué à mon mari le premier volume de Absolute Martian Manhunter, un comics par Deniz camp et Javier Rodriguez. Quitte à me mettre aux BD, autant aller sur tous les fronts. Écoutez, je n’avais jamais lu une BD pareille : c’était excellent. C’est l’histoire d’un agent du FBI qui survit à une explosion criminelle et qui ensuite, cohabite dans sa tête avec « The Green Martian », une entité qui perçoit le monde vraiment différemment. Shit ensues, bien sûr, c’est un bazar de super-héro. Il y a des effets visuels dingues, une manière d’utiliser l’objet-livre pour influencer la lecture totalement inédite pour moi, mais surtout… une poésie incroyable. Quand le Green Martian parle, c’est de la pure poésie, y a pas d’autre mot, j’ai trouvé ça magnifique. Vivement le deuxième et dernier volume – c’est le tout premier comics que je lis de ma vie et ça va être difficile de faire mieux.

J’ai aussi lu et écrit des petites recensions sur Coquilles de Julia Kerninon, Amère de Lucrèce Andreae et Pardonner à nos mères de Claire Richard.

J’ai vu des films

J’ai vu The Lost Daughter, réalisé par Maggie Gyllenhaal d’après un roman de Elena Ferrante. C’est l’histoire d’une femme d’une cinquantaine d’années, incarnée par Olivia Colman (queen) qui part en Grèce un été, et qui croise sur la plage une jeune femme et sa fille, ce qui va la ramener à sa propre expérience de la maternité. C’est mon amie Zoé qui me l’avait conseillé pendant que j’écrivais De l’autre côté de la mère, et je ne l’avais pas regardé alors parce que je ne lis/regarde rien sur les mêmes thèmes que la fiction que je suis en train d’écrire, sauf s’il faut faire des recherches évidemment. Mais là, j’étais en train de me poser plein de questions pour Une catastrophe naturelle, et de ne pas trop réussir à écrire, alors je suis allée rechercher le film dans mes recos (toujours tenir une liste de recos) et ça a tout débloqué. Je repense à ce film à chaque fois que je repense à la maternité, c’est-à-dire souvent, en ce moment. Je repense à une réplique, en particulier, en boucle, au visage de Olivia Colman quand elle le prononce. C’est un très beau film. (J’ai acheté le roman, pour voir.)

J’ai vu The Drama, écrit et réalisé par Kristoffer Borgli. J’ai eu l’impression de voir un film dans le même univers que Materialists (punaise, je me retrouve à beaucoup parler de Materialists en ce moment), avec le même genre de réactions du public qui le visionne. Perso, j’ai adoré : j’ai eu envie d’en parler avec tout le monde, ce qu’on a d’ailleurs fait longuement avec mon mari après la séance. J’ai trouvé ça drôle, fin, intelligent, beaucoup plus profond que ça en avait l’air au départ. Je pourrais encore parler de ce film pendant des heures, parce qu’il donne envie de discuter de choses hyper profondes et importantes, et ça n’arrive franchement pas tant que ça de nos jours ! On dit partout qu’il ne faut rien savoir du film pour en profiter un max : je suis assez d’accord, donc je n’en dis pas plus.

J’ai écouté

Mon grand plaisir a été, du coup, d’écouter Anaïs Bordages discuter de The Drama avec Florian Ques. J’ai été cette meuf un peu zinzifruit qui dit « mais OUI mais EXACTEMENT » à voix haute dans la rue, casque vissé sur les oreilles, en rentrant du supermarché.

J’ai aussi adoré l’épisode de Torchon sur le livre Beach Read de Emily Henry. Vraiment, j’adore que ce podcast littéraire assez pointu (enfin, je trouve : moi je n’ai jamais lu Emmanuel Carrère ou Laurent Mauvignier, par exemple), considère la romance avec le sérieux qu’elle mérite. Lui donne des lettres de noblesse, même.

À chaque fois que j’ai écrit sur la maternité ce mois-ci, j’ai écouté la bande originale de The Lost Daughter, composée par Dickon Hinchliffe. Le film ouvre sur une scène de conduite en voiture avec cette musique à la fois légère et lancinante, avec des violons fragiles et des percussions déterminées. Je suis hypnotisée.

J’ai cuisiné

Une délicieuse soupe de gyozas, juste un foutu régal facile à faire en 30 min max, réconfortante et saine, un banger.

🎧 J’ai écrit cet article en écoutant les derniers singles de Kneecap, et je trouve le titre Irish Goodbye en duo avec Kae Tempest absolument déchirant de beauté. Sinon, voici ma playlist de mai.


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