(peut-on encore parler de pensées mi-cuites ? ou juste de notes de lecture ?
en tout cas, rédigée en 5 minutes)
Toujours dans Of Woman Born (désolée ! pas désolée du tout !), j’apprends que la césarienne est une pratique qui remonte à l’Égypte antique, mais qu’elle a été perdue pendant de longs siècles avant d’être re-découverte au XVème par un châtreur de truies.
Dans le texte (que je lis en anglais même si je vous mets des citations extraites de sa traduction), le terme est « sowgelder« , je ne savais pas ce que ça voulait dire, donc je suis allée consulter le dictionnaire. Ce n’est plus très usité aujourd’hui, sauf comme insulte : un châtreur de truies ne peut être qu’un individu sale et dégoûtant, d’extraction basse, peu digne de respect.
Je vais aussi voir l’étymologie de midwife (j’ai appris il y a une dizaine d’années qu’en français « sage-femme » ne voulait pas dire « une femme sage », mais « personne qui détient de la sagesse à propos de la femme » – donc le masculin de sage-femme n’est pas sage-homme). Midwife veut dire « avec la femme », mid- vient du même endroit que mit en allemand, « avec ». Je crois que je préfère encore midwife à sage-femme.
Incidemment dans Of Woman Born, Rich explique qu’après l’avènement du patriarcat, les sages-femme n’étaient pas mieux considérées que les châtreurs de truies, ce qui en dit long. Il faut dire aussi que pendant longtemps, la chirurgie obstétrique s’en tapait bien de maintenir les patients, femmes comme enfants, en vie. Et comme à chaque fois que les femmes sont traitées comme des animaux, je repense à Ainsi l’animal et nous, de Kaoutar Harchi.
« Pendant des siècles, des crochets étaient fréquemment utilisés pour extraire le fœtus par morceaux – manœuvre désignée à juste titre sous le nom de « chirurgie destructive », dont les subdivisions comprenaient la craniotomie, l’embryotomie, l’extraction au crochet et l’amputation des membres. Ces pratiques enseignées par Hippocrate et Galien étaient des spécialités réservées aux hommes médecins ; Galien, en particulier, avait décrété qu’il s’agissait d’un domaine masculin. »
La maternité obligatoire, d’Adrienne Rich (trad. Valentine Leÿs, Hors d’atteinte, 2026).

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