Publié le

dans

par

Dernière mise à jour le

Étiquettes :


Culte du soleil, culte du contrôle

une pensée cuite en 12 minutes

Apparemment je vais venir vous rendre compte de ma progression dans ma lecture de Of Woman Born régulièrement.

Suite à mon billet d’hier, j’ai eu cet échange avec mon amie Nathalie :

Nathalie : Ma théorie ; les hommes sont en lien avec la spiritualité si elles impliquent qu’ils soient gourous. Ils ne sont pas en lien avec ce qui existe en dehors d’eux même et qui ne serait pas en dessous d’eux. S’ils sont en haut de la pyramide, alors tout existe en dessous

Moi : donc pas tant en lien avec "la spiritualité" qu'avec ‘utiliser le concept de spiritualité pour exercer le pouvoir" (je te rejoins)

Et ce matin, dans un autre chapitre du livre, intitulé « La domestication des mères », je lisais à propos de l’avènement du culte du Soleil (par opposition à celui de la Lune), et notamment l’avènement d’Apollon :

« Harding suggère que le culte de la Lune incarne le respect pour la sagesse de l’instinct et du droit naturel, tandis que celui du soleil touche à l’idée de contrôle des forces naturelles. En effet, Apollon est représenté pilotant le char du Soleil tiré par des étalons : sa mythologie met en scène le contrôle rationnel « apollinien » de la nature par opposition aux excès pulsionnels du culte de Dionysos, la victoire de la conscience sur l’inconscient, et la célébration du droit paternel contre le droit maternel. »

La maternité obligatoire, d’Adrienne Rich (trad. Valentine Leÿs, Hors d’atteinte, 2026).

(c’est la même Esther Harding qu’hier.) Bref : une piste qui se creuse.

Juste avant, Rich reparle du mythe de Daphné (transformée en laurier pour s’être refusée à Apollon, lequel fait ensuite de l’arbre son symbole), un mythe dont je parle dans mon premier roman d’ailleurs. Qui, pour moi, incarne l’impunité insolente des hommes : « tu me dis non, je t’anéantis et puis je te possède ». Marrant que ce soit ça, le dieu du Soleil. (Que j’ai trouvé, cet été, particulièrement punitif, j’ai enfin compris ce que voulaient dire les écrivain·es qui parlent d’un « soleil cruel ».)

Et il se trouve qu’en ce moment, je relis le manuscrit d’une amie qui met en scène des divinités grecques, où Apollon a une présence menaçante et poisseuse. Pas fan du gars, disons-le clairement. Peut-être que grâce à Rich, je tiens l’origine de cette méfiance.


Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *