Pour créer il faut un terreau fertile, et le meilleur terreau, c’est le compost. J’appelle compost tout ce que j’ai ingéré d’œuvres culturelles ce mois-ci. Je n’en fais qu’un rapport succinct, je garde ce qui m’a transfobouleversée pour la newsletter Premium !
Cet été, j’ai lu comme une maboule
4 livres dans ce que j’ai appelé The Harmange Summer of Female Imagination (j’aime être grandiloquente dans mes thématiques, celle-ci était une réponse à l’été dernier où j’ai fait un Harmange Summer of Love avec uniquement des romcoms) : j’en parlerai dans ma newsletter premium.
J’ai lu Moi qui n’ai pas connu les hommes, de Jacqueline Harpman, après l’avoir vu passer partout en anglais sur les réseaux et me l’être fait prêté par mon amie Luchie. J’ai été fascinée par ce texte, mais je n’ai pas été conquise. C’est l’histoire d’une jeune femme qui vit enfermée avec 39 autres femmes dans une cage (ambiance !). Aucune ne sait comment elles sont arrivées là, ni pourquoi elles y sont maintenues en vie. J’y ai vu un roman expérimental, où les questions sont plus nombreuses que les réponses, lesquelles sont particulièrement déprimantes. Sa lecture m’a laissée poisseuse et triste. Pour nourrir ma réflexion, j’ai relu la newsletter d’Eva Kirilof sur le roman, et j’ai préféré cette analyse au roman…
J’ai lu La gosse, de Nadia Daam, où elle raconte par chapitre, sa fille depuis ses 10 ans jusqu’à son âge adulte à peu près. Je crois que je m’attendais à autre chose, d’un peu plus vulnérable peut-être. Oui, c’était drôle et bien écrit, mais hm, je sais pas, je n’ai pas du tout connecté émotionnellement. Je crois que Martine Delvaux, avec son sublime Le monde est à toi, m’a ruinée pour tous les autres textes de non-fiction qui parlent d’avoir un enfant déjà grand.
J’ai lu Atmosphere, de Taylor Jenkins Reid. Je n’avais jamais rien lu de cette autrice (très connue pour Daisy Jones and The Six ou Les Sept maris d’Evelyn Hugo), et j’ai trouvé ce bouquin, en anglais, dans une boîte à livres. Je l’ai pris parce que c’était un signe, même si le pitch ne me tentait pas plus que ça : ça parle d’exploration spatiale ! Je déteste l’espace ! En vrai, c’est l’histoire d’une femme qui entre à la NASA dans les années 80, et qui rencontre une autre astronaute en formation. Et ça ne parle pas tant d’espace, que d’amour, ce qui m’a immensément plu. J’ai trouvé le style de l’autrice très impactant, et j’ai souligné plusieurs passages magnifiques (notamment sur la relation de la protagoniste avec sa nièce : beauté). Je serais curieuse de lire d’autres livres d’elle, du coup !
Enfin, je suis en pleine découverte de la rentrée littéraire, ce qui est une grande première pour moi. Il y a quelques temps, mon amie Nathalie m’a dit que je devrais acheter plus de livres (je lui confiais que j’en achetais très peu car je n’ai jamais vraiment pris cette habitude, une fois sortie de la précarité). J’ai donc décidé de m’allouer un budget mensuel (rigolo qu’il faille que je me dise « c’est pour le boulot » pour me l’autoriser, alors que lire est ma plus grande passion au monde) et je l’ai entamé en demandant des conseils de rentrée sur Bluesky. J’ai commandé huit bouquins, et j’en ai lu 3 pendant mes vacances.
Je pense dédier des articles complets à La dernière des Wilberforce, de Julia Kerninon (dont j’attends tous les livres avec passion), et à Faire la peau, de Louise Chennevière, qui a été recommandé par Rosa de la librairie Un livre à soi·e, à Lyon.1
Par contre je peux vous dire que j’ai lu JE, de Lilia Hassaine, parce qu’il a été plébiscité dans le 1 des libraires. C’est un prequel à Jane Eyre, où l’autrice retrace la vie de Bertha « Antoinette », la première femme de Rochester – comme dans La Prisonnière des Sargasses, de Jean Rhys, mais dans un style plus contemporain. J’ai passé un bon moment de lecture car le style est accessible et tout se déroule sans anicroche, mais ça m’a laissé une impression d’incrédulité, comme si le portrait que l’autrice, à travers sa protagoniste, dressait de Rochester, n’était pas le personnage (hautement critiquable !!) que j’ai découvert dans Jane Eyre (il séquestre quand même sa femme dans le grenier !!), mais un homme plus moderne, avec des travers plus modernes. Et cette impression a trouvé un écho dans l’épisode de Torchon qui parle du livre, donc je me sens moins seule. Je ne connaissais pas du tout cette autrice et je vous avoue qu’en fermant le livre, je me suis dit : « ça, c’est du Gallimard de la rentrée littéraire ? intéressant ». (derogatory)
Ah et j’ai aussi lu une romcom dont je veux vous parler : Delilah Green Doesn’t Care, de Ashley Herring Blake, après l’avoir vue recommandée par Soazic de L’Affranchie. Contrairement à ce que le titre laisse entendre, une traduction française existe. C’est une romcom lesBIenne, qui met en scène une photographe désabusée qui déteste son bled d’enfance mais doit y retourner pour photographier le mariage de sa demi-sœur avec qui elle ne s’est jamais entendue. Le soir de son arrivée, elle va tomber sur la meilleure amie de ladite demi-sœur, et paf ça va faire des Chocapics. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est que les intrigues secondaires sont vraiment très très bien menées. Souvent dans les romcoms, tout ce qui sort de « comment X et Y vont se mettre ensemble » m’intéresse assez peu, mais là j’étais vraiment à fond sur les problèmes personnels des deux protagonistes. C’était super, je suis en train de lire la suite (Astrid Parker Doesn’t Fail).
J’ai lu un article en ligne qui m’a fait trop sourire : The adorable love story behind Wikipedia’s ‘high five’ photos. Absolument mignon.
Je suis allée au cinéma plein de fois !
J’y ai vu L’Odyssée, écrit et réalisé par Christopher Nolan, bien à reculons soyons claires : Oppenheimer m’avait gonflée au possible, et Tenet carrément mise en colère (on n’entend rien putain mixe mieux tes films mon pote). Je m’attendais donc à détester L’Odyssée, mais voir autant de conservateurs paniquer sur le film était une bonne raison d’aller voir. J’ai beaucoup aimé, dans le sens où plus ça déroulait, plus je reconnaissais la valeur de l’entreprise : dire quelque chose de nouveau avec la plus vieille histoire du monde, ce n’était pas facile, et voilà qui a été fait. Ça m’a un peu réconciliée avec Nolan – je pense désormais que c’est un mec blanc cis-het de base qui est de plus en plus inconfortable avec ça, et au lieu de virer full mascu incel pour se venger, il a fait un film où il tente de questionner les enjeux de cette identité. Allez Chris, tu peux le faire.
J’ai vu Evil Dead Burn, réalisé par Sébastien Vanicek et co-écrit avec Florent Bernard. J’attendais beaucoup ce film, car j’ai adoré Vermines qui reprenait le même duo de réal-scénaristes. Je n’ai pas été déçue, au contraire : j’ai adoré ce que racontait ce film et comment il le racontait. J’ai trouvé des images magnifiques (je reste marquée par un plan de la scène d’intro, avec la barque renversée), et la thématique hyper proprement exécutée. Je l’ai vu au début de l’été et depuis, je ne fais que me demander pourquoi il a une note aussi médiocre sur tous les sites de notation, alors que depuis j’ai vu tous les Evil Dead et je trouve que c’est de loin le meilleur. Cocorico ?! (J’ai aimé écouter le podcast de Anaïs se fait des films avec Florent Bernard pour en apprendre plus sur les coulisses du film.)
J’ai vu De la Comédie-Française, réalisé par Martin Darondeau et Bertrand Usclat, et c’était super. Déjà, un film d’1h20 pardon mais dans cette économie ? Quel régal. Ensuite, c’était tout bonnement drôle sans faire de mal à personne, tout le monde jouait évidemment extrêmement bien, et j’ai bien aimé aussi la petite sous-intrigue sur la nouvelle maternité du personnage de Nina. Un vrai bon moment, léger et frais.
🎧 Weezer, le dernier album de Weezer. C’est sympa !
- Au cas où finalement je ne le fais pas : respectivement, j’ai adoré / ça m’a beaucoup marquée. ↩︎

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