À titre exceptionnel, je publie en accès libre cet article, qui est extrait de ma dernière newsletter Premium. Soutenir l’édition indépendante est un programme bien plus urgent qu’augmenter la clientèle de ma newsletter, cependant n’hésitez tout de même pas à envisager de prendre un abonnement ↗︎.
Vous en avez sûrement entendu parler si vous les fréquentez déjà, plus de 200 maisons d’édition indépendantes sont en péril suite au défaut de paiement de leur distributeur, Makassar. (+ d’infos ici grâce à Margorito, je refais pas le topo)
Je vous propose ci-dessous mes recommandations parmi quelques unes de ces maisons impactées.
Pour les soutenir, vous pouvez commander directement sur leurs sites internet, afin que votre argent leur parvienne sans intermédiaire
Pour faire vivre également vos librairies indépendantes, vous pouvez vous renseigner auprès de vos libraires : beaucoup d’entre elles ont décidé de commander en direct auprès des maisons. Il faut vous en assurer, car si ce n’est pas le cas, vous risqueriez d’ajouter à la dette de Makassar envers les maisons d’édition.
(Exceptionnellement, cette partie de la newsletter Premium sera publiée sur mon blog également)
La chambre aux scellés, de Florence Rivières (blast)
Un recueil poétique comme un coup de poing dans le ventre : l’auteurice y relate la mémoire qui se forme autour d’une relation abusive et violente, avec en filigrane la machine judiciaire, sa lourdeur, sa propre violence. C’est aussi beau que douloureux, et c’est nécessaire.
Éloge des fins heureuses, de Coline Pierré (Daronnes)
Je ne cesserai jamais de vous rebattre les oreilles avec ce bouquin. Une ambiance radicalement différente : ici on plaide pour les histoires qui finissent bien, on se bat pour la gentillesse et l’espoir, et punaise qu’est-ce qu’on en a besoin.
La volonté de changer, de bell books (trad. Alex Maillard, divergences)
Lu il y a plusieurs années, ce livre sur les hommes et la masculinité a travaillé le muscle de mon empathie et de ma conscience politique emmêlés. C’était, je crois, ma première rencontre avec la pensée de bell books, et une porte d’entrée tout à fait valable !
Mon corps de ferme, d’Aurélie Olivier (éditions du commun)
Un autre récit poétique, où l’autrice arpente les terres de la ferme où elle a grandi, dont elle n’a eu de cesse de se détacher. Loin de l’idéal de la ruralité comme un « retour à la nature », elle parle depuis l’intérieur, c’est rêche, vulnérable et beau.
La dernière fois que j’ai cru mourir c’était il y a longtemps de Clémence Michallon (éditions iXe)
C’est ainsi que j’ai découvert la plume de celle qui est désormais autrice de thrillers qui font des best-sellers à l’internationale, mais écoutez : ce premier roman m’avait bouleversée. Clémence écrit aussi bien en anglais qu’en français, c’est très fort.
Les femmes de droite d’Andrea Dworkin (trad. Martin Dufresne et Michele Briand, éditions du Remue-Ménage)
Un bouquin d’une intensité, d’une exigence rare, mais qui m’a tant et si bien marquée que j’en parle toujours dix mille ans plus tard. Si vous ne comprenez pas comment on peut être une femme et être résolument conservatrice, c’est le livre qui vous l’expliquera.
Le papier peint jaune de Charlotte Perkins Gilman (trad. Marine Boutroue et Florian Targa, Tendance Négative)
Dans cette maison d’édition spécialiste des livres-objets dingues, vous trouverez des livres imprimés sur du calque, reliés sous forme de bloc-notes… et celui-ci, que j’ai adoré, dont il faut couper les pages pour accéder à l’histoire, elle-même incrustée dans ce fameux papier peint jaune étouffant. Une expérience de lecture unique.
Je suis loin d’avoir lu dans tous les catalogues de toutes les maisons impactées par l’affaire, aussi je vous recommande cet autre post de Margorito et les coups de cœur indés de l’Affranchie à surveiller sur Instagram.

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