
« She watches for a moment as he walks back up the drive. When he reaches the end, he returns his hat to his head. And she feels it then. The quiet death of something. »
Encore un livre dont j’ai beaucoup entendu parler : il a été pas mal promu par JC Lattès, la maison qui l’a publié en français (je l’ai lu en anglais). Il a fallu que mon amie Anaïs m’en dise du bien et me le prête la dernière fois qu’elle est passée chez moi, puis que je lise Yesteryear puis Fates and Furies (deux livres lus sur des recommandations d’ami·es), pour lui donner sa chance. Face à ma pile de bouquins non-lus qui s’accumulent sans parvenir à m’attraper, j’ai décidé de lire ce qu’on me met dans les mains, histoire d’avoir, quoi qu’il arrive, aimé ou pas, des gens avec qui en parler ensuite.
C’est également une deuxième lecture commune, cette fois avec mon amie Nine, qui nous amenées à lire ses 350 pages sur l’étendue d’une dizaine de jours. Encore une fois, un livre idéal pour cet exercice.
C’est l’histoire de Cora, qui est mariée à un homme violent, et qui vient d’accoucher de leur deuxième enfant. Dans le prologue, elle doit aller déclarer sa naissance, et donc déclarer son prénom. C’est la tradition que tous les garçons de la lignée de son mari s’appellent Gordon. Mais Cora préfère Julian, et sa fille aînée, Maia, aimerait appeler son petit frère Bear. C’est l’histoire de ces trois prénoms : par bonds de 7 ans, on suit trois vies parallèles pour tous ces personnages, selon le prénom qui a été donné à ce petit garçon tout neuf.
Déjà, quel concept ! C’est une idée tellement bonne et en même temps tellement évidente, je suis surprise de ne pas avoir déjà lu un livre sur ce principe – mais ravie d’avoir lu celui-ci, car l’exécution est impeccable. La plume de Florence Knapp et d’une beauté pudique, il y a des phrases magnifiques, des délicatesses dingues, mais pas de falbalas. Les trois destins sont leur propre roman, leur propre histoire : il n’y a jamais un chapitre où je me suis dit « OK, ça c’est du remplissage avant qu’on passe à autre chose de plus intéressant ». Toutes les versions du fils de Cora et des vies que son prénom dessinent m’ont captivée.
C’est un livre qui parle de l’impact des petites et grandes décisions sur la vie. Ça parle de violences conjugales (de manière assez graphique, je préviens), du trauma, de ce qu’on transmet, de ce qui reste. Et ça en parle d’une manière aussi complexe que ça le mérite, car justement, grâce à ces trois destins parallèles, l’autrice vient explorer chaque thématique sous des angles différents, avec des tenants et des aboutissants différents. C’est aussi complexe et riche que c’est beau et bouleversant.
J’ai ressenti des émotions hyper intenses pendant ce bouquin, jusqu’au point culminant où j’ai sangloté comme un bébé, grosses larmes, morve et gémissements inclus. Ce qui ne m’était pas arrivé, face à un livre, depuis très précisément 2018. Je suis souvent émue par les livres, bien sûr, mes émotions sont un panel divers, cœur qui se serre, qui bat plus fort, estomac qui se noue… mais les larmes à gros bouillons, c’est extrêmement rare. Quand ça arrive, je sais que j’ai été face à un livre qui va me marquer durablement, que je vais chérir longtemps.
Voilà, il n’y a rien que je n’ai pas aimé dans The Names. C’est un premier roman, ce qui est toujours un délire : mon premier roman n’est certainement pas de cette qualité. Mais il faut dire aussi que Florence Knapp n’avait pas 23 ans quand il a été publié (ses deux enfants sont majeurs et ont quitté le domicile, un indice sur son âge même s’il n’est écrit nulle part), et c’est toujours fascinant, je trouve, de voir ce qui sort de la tête des femmes quand elles finissent par se mettre à la fiction (whatever that means).
D’autres livres connexes :
- Mille soleils splendides, de Khaled Hosseini (le livre qui m’a fait sangloter en 2018)
- Là où chantent les écrevisses, de Delia Owens (un premier roman paru lorsque l’autrice avait 69 ans)
The Names, de Florence Knapp. Paru en français sous le titre Les Prénoms (trad. Coralie d’Yvoire). JC Lattès. 2025.

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