6 conseils pour organiser une résidence d’écriture autogérée

En mai, j’ai organisé pour la deuxième fois une résidence d’écriture autogérée, avec mon groupe d’écriture (baptisé Guildeforge par les nerds que nous sommes). C’était assez évident pour moi que le zine du mois porterait sur ça. Sur place j’ai mis à disposition un petit carnet Midori en kraft pour que les participant·es puissent écrire des choses, ce qui a plus ou moins bien pris, et que je garde pour nous, comme une archive de notre vie collective. Mais j’ai rapidement eu envie de faire un zine un peu pratico-pratique : ça fait 2 ans donc qu’avec ma comparse Anaïs on organise cet événement, et ça se déroule à la fois super bien, on commence à avoir des automatismes, de l’expérience, c’est agréable.

Et une fois n’est pas coutume, j’avais envie de partager ce zine, qu’il soit reproductible, imprimable (pas vraiment « à la maison », comme on le verra), qu’il puisse circuler un peu. Donc j’ai délaissé le petit carnet en kraft et j’ai sorti une grande feuille A3 pour maquetter mes conseils rassemblés pendant quelques sessions de brainstorming.

Mes contraintes :

  • une semaine, ma semaine de pause après le rendu de mon manuscrit (wouhouh !), pour tout faire
  • reproductible

Ce que j’ai appris :

  • le fait-main a ses limites.

J’aurais adoré faire encore une fois un zine 100% fait main, je l’ai déjà fait même à visée de diffusion avec Comment avoir la fibre. Mais ce n’était pas possible pour ce projet-ci, car je voulais absolument que ce soit lisible, que ce soit pratique. Je n’écris pas mal du tout avec mes petites mains, et je sais être synthétique mais j’avais quand même besoin de caser un max d’infos dans un petit format. C’est vachement plus facile avec la publication assistée par ordinateur. J’ai quand même voulu garder un aspect fait-main donc j’ai rajouté du texte à la main sur le prototype.

Est-ce qu’il est pas incroyable svp ?
  • je suis limitée aussi par mes capacités.

Pour que ce soit plus digeste, je voulais que ce soit un peu illustré. J’ai essayé de dessiner moi-même des trucs mais c’est fou à quel point je suis NULLE en dessin.1 Mais puisque j’étais partie pour passer via ordinateur, j’ai tiré parti des emojis, qui permettent de structurer un peu le truc. Et j’ai pu ajouter mon mashup d’emoji préféré, qu’on appelle :bigbrain: sur un de mes salons Discord. Un cadeau de ma sœur que je chéris à tout jamais.

  • je pourrais éventuellement faire une conférence d’1h sur ce sujet.

J’ai dû me canaliser pour que tout tienne dans les 8 pages que je m’étais fixées, et je suis sûre qu’il manque des choses que moi j’ai trouvées cruciales. Mais j’ai dû me rappeler que le but n’est pas d’imposer une méthode – après tout on est tous·tes différent·es et ce qui fonctionne pour moi et mon groupe d’écriture peut ne pas fonctionner ailleurs. Le but est de partager des bonnes pratiques éprouvées par l’expérience, et chacun·e en fait ensuite ce qui lui plaît, donc plus c’est concis, moins c’est impératif, mieux c’est.

Matériel utilisé :

  • logiciel Affinity (il est gratuit maintenant !)
    • polices d’écriture : Impact Label, Impact Label Reversed, Amieamie2
  • 2 feuilles de papier A3
  • stylos gel Muji 0.5 colorés
  • crayon magique
  • grille imprimée pour écrire droit
  • crayon gris, gomme
  • scalpel
  • colle

La méthode :

Avec une feuille de papier A3 de brouillon3, j’ai réalisé la maquette du zine : pliage pour agencer le contenu dans le bon ordre, idées de couv, de mise en page, contenu grossièrement indiqué au crayon gris.

Ensuite j’ai lancé Affinity, où j’ai créé un document taille A3, avec une grille pour délimiter les zones de chaque « page » une fois plié. C’est sur Affinity que j’ai rédigé le contenu, je n’arrivais pas à le faire avant car je ne savais pas combien je pouvais faire rentrer sur chaque huitième de page. C’est là que j’ai décidé d’utiliser des emojis, parce que trouver des pictogrammes libres de droits utilisables sans modif prend un temps fou. C’est un choix un peu par défaut, mais j’aime bien aussi que ça renvoie à une idée un peu do it yourself. On bricole avec ce qu’on a et c’est super.

Voilà à quoi ressemble la maquette annotée

Une fois tout mon contenu agencé, j’ai indiqué en italique rouge ce que j’avais envie d’écrire à la main. J’ai d’abord essayé de le faire sur Procreate, pour accélérer le processus, mais ça ne marchait pas bien, c’était pas très lisible. Donc j’ai exporté une version sans les annotations et j’ai demandé à mon +1 de l’imprimer sur son imprimante de boulot, qui imprime en A3 (oh eh ça va c’est un exemplaire, ils s’en remettront).

Puis j’ai bloqué les zones à remplir au crayon gris, j’ai écrit le plus soigneusement possible au stylo et au crayon magique. Dernières étapes : numériser le résultat pour pouvoir le mettre en téléchargement, et pour pouvoir l’envoyer à l’imprimeur. Ensuite seulement, j’ai pu découper le prototype et le coller pour avoir un exemplaire à montrer ! C’est là que je me suis rendu compte que j’avais mal calé le contenu sur la maquette, et que la page 4 est trop proche du bord, mais comme c’est sur une double-page, ça n’empêche pas de lire le contenu donc c’est comme ça, et puis c’est tout. C’est un petit format A6 qui tient bien dans la main.

Je compte en faire imprimer un très petit nombre d’exemplaires, à distribuer à mes comparses, peut-être à vendre sur ma boutique si j’ai la foi de gérer des envois. Je sais que si vous essayez de l’imprimer en A4 sur une imprimante domestique, ce sera absolument illisible. C’est dommage, mais c’était impossible de réaliser un zine au format final A7, j’avais trop de choses à dire.

Du coup je vous mets le fichier imprimable en téléchargement quand même (une copie couleur A3 coûte 1€ chez mon imprimeur), et je vous le mets aussi en PDF dans le sens de la lecture.4

On se tient au jus pour une éventuelle vente.

À la prochaine pour un nouveau zine, et si vous décidez d’organiser une résidence créative grâce à ce zine, dites-le-moi !


  1. Je viens de capter que j’aurais pu tenter de faire des petites choses mignonnes avec le livre Tout illustrer de Kelly Keko… mais il est trop tard, je veux que ce zine sorte et il vaut mieux fait que parfait amirite. ↩︎
  2. Une fonte par Mirat Masson, dispo gratuitement sur la typothèque Bye Bye Binary. J’adore les ligatures inclusives dans cette police ! Elle a plein de graisses différentes ! ↩︎
  3. On a une ramette entière de couleur bleu pastel assez infâme, récupérée du boulot de mon gars et qui sert de papier à dessin pour ma fille depuis des années. Je m’en sers allégrement. ↩︎
  4. Cette version numérique n’est pas hyper qualitative, désolée. Je me suis arraché la tête mais je n’ai pas réussi à faire mieux. ↩︎

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