Je ne savais pas trop à quoi allait ressembler mon expérimentation en zine en février, et j’ai eu raison de ne pas trop m’attacher à une idée parce qu’en fait, les vacances scolaires ont tout grignoté. J’avais dans l’idée de tester le junk journal, mais pour l’instant c’est un échec, peut-être que j’en reparlerai plus tard.
Je suis partie en vacance avec ma fille, chez des ami·es, qui ont l’habitude de dérouler sur la grande table de l’immense séjour un arsenal de loisirs créatifs assez impressionnant. Une fois arrivée sur place, en voyant tous le matos étalé, je me suis dit : on va faire un zine ensemble, avec ma fille, et advienne que pourra.

Mes contraintes :
- 4 jours pour réaliser le zine
- créer à 4 mains avec une enfant de 3 ans ½
Ce que j’ai appris :
- tout plan est une illusion que l’enfant se chargera de briser.
Très vite, je me suis rendu compte que si je voulais faire un truc, il fallait que je lâche prise sur toute direction artistique, toute logique. Ma fille n’est pas encore tout à fait en âge de comprendre mes délires, donc sa participation a dû être demandée avec respect et dans les limites de sa capacité de concentration. (Ce qui n’est pas plus mal.) À partir de là, le plus important était de passer un moment ensemble, et le fil narratif de l’objet fini est clairement secondaire.
Plus tard, un autre enfant plus jeune a fait main basse sur le zine qui traînait, et en a arraché un volet. J’étais surprise de ne pas ressentir plus d’émotions négatives, mais il faut croire que le lâcher prise avait été total : c’est pas très grave, ça se recolle, c’est un objet qui vit, pas un trophée ou une relique sacrée.
- poursuivre une idée créative en vivant 24h/24 avec des enfants en bas âge relève de l’impossible.
J’ai bien essayé de faire un peu plus élaboré, j’aurais aimé écrire un poème, raconter une vraie histoire, bref : travailler un peu plus le fond. Mais j’ai très vite dû me rendre à l’évidence, je n’avais pas ! du ! tout ! l’espace mental nécessaire pour me poser et prendre le temps d’aller plus loin que le bout de mon nez. Du coup j’ai essayé de m’amuser un max sur la forme.
- l’archivage parcellaire est une poésie.
Ce zine s’appelle « Je pense à un truc » car c’est un jeu auquel on a commencé à jouer pendant ces vacances, en attendant une voiture après un train. Mais ensuite, ma fille n’a plus trop voulu jouer au jeu pour remplir le zine, donc j’ai joué autour. Pendant un quart de seconde j’ai trouvé ça dommage, voire mensonger (le zine n’est pas un catalogue de tous les trucs auxquels on a pensés en jouant à J’ai pensé à un truc), mais qui s’en fout ? Elle, en tout cas, elle s’en fout. Au final, le zine raconte quelque chose en lui-même : j’ai eu du temps pour couper des feuilles, tamponner des lettres, on avait plein de matériel pour tester différentes techniques, c’est aussi une photographie de l’imagination de ma fille, telle qu’elle s’exprimait en février 2026. J’aime bien cette histoire-là.
- j’aime cette tradition.
Je suis très inspirée par les zines que fait Émeline, alias Britney Fierce, avec sa fille. Cet été, dans la même maison avec les mêmes enfants (la mienne et la minipersonne qui a le même âge, avec qui nous partons en vacances), j’avais fait 2 petits cahiers de 8 pages, et on les avait remplis, parents et enfants, de choses et d’autres. Je me vois bien essayer de faire un petit zine à chaque aventure avec ma fille, ça me plairait de collectionner ce genre de choses-là. (alors que je n’aime pas trop collectionner, de base, re: échec du junk journal, bla bla.)

Matériel utilisé :
- 2 feuilles A4 colorées coupées en petit format italien au pif (env. 10,5 × 15 cm et 12 pages une fois plié)
- peinture aquarelle / paillettes libres / feutres métalliques
- stickers dessinés
- colle liquide
- ciseaux
- tampons encreurs alphabet + encre violette
- fil et aiguille pour la reliure pamphlet

La méthode :
Après avoir décidé de la DA (utiliser les tampons encreurs, faire participer ma fille), j’ai demandé à la minus de dessiner ce qu’elle voulait sur une page, et de me dire ce que c’était. À cet âge, les enfants souvent encore, dessinent et décident après coup de ce que leur dessin représente. Je lui ai laissé libre choix du medium pour dessiner à chaque fois, pour qu’elle puisse tester tout ce qu’elle voulait – autant profiter de cette abondance qu’on n’a pas à la maison. D’où une page en aquarelle rose sur papier rose pas hyper lisible. J’ai espéré qu’elle me dessine un bonhomme, une fois, parce qu’elle les fait de mieux en mieux mais pas de bol, et il faut laisser à l’artiste toute la latitude créative. Qui suis-je pour la brimer ou l’influencer en fait. Ensuite, j’ai donc tamponné une légende à côté de son dessin, et j’ai moi-même réalisé ma version du dessin sur un volet que je suis venue coller par-dessus le sien. À la fin, on a fait la liste des trucs chouettes de notre séjour.
En fait, c’était juste nice, de dessiner des petits machins, tamponner des trucs, de découper et de coller. C’est juste nice de bricoler. Avec mon amie, on parlait de The Artist’s Way de Julia Cameron, et de ses artist dates, d’à quel point c’est facile, quand on a des enfants, de prendre rendez-vous avec son artiste intérieur pour faire quelque chose de créatif et de fun. C’est vrai qu’à chaque fois qu’on sort la peinture, la colle, les feutres, avec ma fille, j’en profite pour me faire des petits kifs aussi. Pas un hasard que le feu des zines me vienne après être devenue mère.
Le zine est disponible en téléchargement ici, si vous êtes curieux·se. (ce n’est pas un fichier imprimable pour un assemblage maison, juste un assemblage de photos moches, censuré pour garder l’anonymat de ma fille, mais sachez qu’elle adore écrire son prénom partout.)
À la prochaine pour un nouveau zine !
PS : comme d’hab, si vous faites une expérimentation similaire avec votre enfant, ça m’intéresse ! Parlez-m’en !

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