5 ans dans mon carnet de travail

J’ai rendu mon manuscrit le 30 mai, et je m’étais promis que ce rendu signerait la fin de mon carnet de travail. Il reste moins d’une dizaine de pages, mais le truc est en fin de vie, la couverture commence à se découdre, et puisque j’aime bien le symbolisme, je trouve que 5 ans tout pile, de juin 2021 à juin 2026, c’est pas mal pour mettre un carnet à la retraite.

Considérons ce billet comme son eulogie.1

Juin 2021, c’est le début de ma vie d’écrivaine à plein temps. Je travaille dans un atelier partagé et je commence les corrections de mon premier roman (qui deviendra Aux endroits brisés) tout en bossant sur ce qui deviendra Avortée. Je reçois, de la part d’Eva Kirilof, ce carnet Midori de 350 pages, à la reliure japonaise, au papier un peu épais, crémeux et tellement agréable. Je vais vous dire, je ne pensais vraiment pas que je l’utiliserais jusqu’au bout.

Pendant ce carnet, j’ai rempli je crois 4 journaux intimes, 3 carnets de voyage et presque 3 carnets d’idée, mais celui-ci contient le plus gros de mon travail depuis le tout début de moi qui considère qu’écrire est mon travail. Je l’ai à nouveau feuilleté avant d’écrire ce billet et je suis toujours émue de voir mon écriture, parfois serrée parfois totalement anarchique, les gribouillis de ma fille que je n’attendais même pas encore début 2021, la somme d’idées, de phrases construites patiemment ou jetées à la va-vite. Quelques projets qui n’ont pas (encore ?) vus le jour, certains qui sont sur le point de se concrétiser.

Voici un PowerPoint de mémorial (imaginez qu’on est aux Oscars) (ne faites pas gaffe à la luminosité exécrable de ces photos, il fait nuit tout le temps qu’il ne fait pas canicule apparemment).

Out with the old, in with the new (si vous avez la réf, bravo et merci)

J’ai beaucoup aimé ce carnet (comme dans « well-loved » pour désigner des objets de seconde main qui ne sont plus très frais…), et j’adore qu’il m’ait été offert par une personne que j’apprécie beaucoup. Mais vu l’usage vraiment cavalier que je fais apparemment de mes carnets de travail, je n’envisageais pas d’en reprendre un de la même facture.

J’ai inauguré ce matin un autre gros carnet, de 411 pages cette fois (plus fines, d’aucuns diront moins agréables à travailler mais j’écris sur le papier des Leuchtturm1917 depuis dix ans, je suis une grande fan). J’y ai collé des stickers, j’ai transféré une page de post-its qui vont encore me servir pour la fin de Une catastrophe naturelle. J’espère qu’il me durera au moins 5 ans aussi. Ça voudra dire que j’ai pu être une écrivaine cinq ans de plus.

Je reviendrai à ce premier carnet dans les prochains mois, peut-être pour l’indexer (cf. la méthode Carnet d’idées), très probablement pour les réécritures du manuscrit que je viens de rendre. J’adore l’idée qu’un carnet continue de vivre, même une fois retraité.


  1. J’en ai déjà beaucoup parlé dans ma newsletter premium, mais écoutez, il faut croire que je suis encore plus sentimentale que je le pensais. ↩︎

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