C’était un des items sur ma to-do list « pro » en septembre, avant de me remettre la tête dans les textes. Je tiens un carnet d’idées (de la Méthode éponyme par Nathalie Sejean) depuis 2023, et j’ai commencé juste avant de partir en vacances fin août, le 4ème de ces petits carnets souples, que j’ai choisis en format B6, toujours ornés d’un seul sticker sur la couverture. À l’heure où je vous écris, je n’ai aucune d’idée d’où j’ai bien pu mettre ce fameux quatrième carnet, mais je vais bien finir par remettre la main dessus.1
Comme je suis quelqu’une d’obstinée, quand j’ai fait l’atelier Carnet d’idées en visio et que je me suis mise à cette méthode de collecte, j’ai continué à faire ce que je faisais jusqu’alors avec mes carnets : remplir la table des matières au fur et à mesure. L’idée d’indexer le contenu a posteriori, la méthode recommandée par Nathalie, me semblait contre-productive.
De plus, si je refeuillette très fréquemment chaque carnet pendant que je l’utilise, pour les 2 précédents j’ai eu tendance à les ranger une fois finis (puisque j’avais déjà rempli la table des matières, pas besoin d’indexer le contenu), et je n’y étais pas encore retournée. Quand j’ai terminé le troisième carnet de ma collection, je me suis dit que j’allais retourner en arrière, voir. Peut-être indexer le contenu, du coup, mais voir, surtout. Ce que j’avais oublié.
Parce que ce temps que je prends en septembre, où je n’écris pas de livre, après avoir passé un mois en jachère créative, je veux qu’il me serve aussi à retrouver des pistes, à rallumer des feux. Ça fait six ans que j’écris livre sur livre, sans trop me laisser le temps de souffler (c’est pas que je suis stakhanoviste hein, c’est le capitalisme wesh). Et si je sais que j’ai des idées, j’aimerais profiter d’une rare fenêtre de calme pour me poser et me demander ce qui me fait vibrer. J’ai fini deux textes qui paraîtront en 2027, l’automne sera consacré à les polir et les affiner pour leur faire honneur, mais ensuite : quoi ?
Quoi, parmi tout ce qui est possible, quelle histoire ai-je envie de raconter maintenant ?
Plonger dans mes carnets depuis 2023 a été un voyage intéressant.

Quelques trouvailles
J’ai trouvé une idée pour une histoire jeunesse notée en fly début 2024 et que j’avais mais alors complètement oubliée. C’est marrant parce que j’ai commencé à travailler sur Minuscule trésor fin 2023, et auparavant je n’avais eu aucune velléité d’histoire pour les enfants. Mais quelque chose s’est débloqué, sûrement grâce à mes nombreuses lectures pour ma fille aussi évidemment, et j’en ai eu plusieurs (pas très bonnes) depuis, mais celle-ci, que j’avais oblitérée de ma mémoire, m’enthousiasme plutôt très fort. Voyons voir.
J’ai retrouvé et consigné dans des fichiers numériques spécialisés toutes les idées que j’avais notées viteuf et mal pour trois potentielles histoires à développer. Ce sont trois histoires qui vivent avec moi depuis des années, « un jour, peut-être, quand j’aurai le temps », et c’est intéressant de constater qu’elles ont continué leurs vies dans ma tête, chacune en parallèle de l’autre, et aussi des autres histoires sur lesquelles j’ai travaillé pendant ces trois années. Comme je n’étais pas revenue sur mes carnets, pour chaque histoire certaines de ces idées sont contradictoires, ça fait comme des arbres aux ramifications très larges, il va falloir faire des choix, choisir des voies. Mais au moins, tout est centralisé maintenant.
J’ai retrouvé le tout début de Aucune notification :

Et le tout début d’une comédie romantique que j’ai écrite, que j’aime beaucoup et qui attend son heure (manifesting) :

Je crois qu’on n’est vraiment pas les meilleures juges (féminin intentionnel) de nos idées au moment où elles surgissent, alors il apparaît crucial de tout noter, même si ça semble mauvais, quitte à écrire (wow bad idea) pour s’auto-tenir la main.
Quelques thématiques
Dans le carnet #1 (avril 2023 à avril 2024), j’ai jeté tout au long des choses sur le concept de maintenance. Je l’ai rencontré dans le livre America, The Beautiful?, de Blythe Roberson (Harper Perennial, 2023), et puis plus tard lors de ma relecture des Argonautes, de Maggie Nelson. À chaque fois, j’avais creusé pour trouver de la littérature sur le sujet, et je suis à chaque fois retombée sur Le soin des choses. Politiques de la maintenance, un ouvrage de Jérôme Denis et David Pontille (La Découverte, 2022). Je me souviens même avoir écouté un podcast avec les deux auteurs (souvenir qui s’arrête là car je n’ai pris aucune note). La plongée sur le sujet s’est à chaque fois arrêtée là, mais cette fois, la troisième donc, je suis allée jusqu’à m’informer et voir que le livre est dispo dans mon réseau de médiathèques. Je l’ai noté, peut-être l’emprunterai-je cette année ? Le concept m’intéresse toujours énormément, mais j’évite de lire des hommes… (toujours la misandrie me tient éloignée de la connaissance…) (c’est faux)
Dans la première moitié du carnet #2 (lequel court d’avril 2024 à octobre 2025), j’avais déjà beaucoup réfléchi à l’IA. Ça m’a fait sourire de constater ça, j’avais oublié et quand m’est venue ma rage de vaincre fin octobre, qui m’a fait plonger dans 3 mois dans lectures forcenées et a donné naissance à deux newsletters importantes dans mon humble carrière. En fait, j’avais déjà commencé à discuter et à réfléchir (les deux vont ensemble), à travailler finalement, sur le sujet avant ça. Bien sûr.
Le carnet #3 est plein à craquer de fiches de lecture et de notes sur l’IA : livres, émissions, podcasts, articles en ligne… et de manière adjacente, sur des sujets totalement connexes pour moi : Internet en général, « soi vs. les autres« , et même ce tout petit sujet pas du tout important qu’est l’amour (et la romance). Connexes parce qu’à chaque fois, c’est après avoir bossé sur l’IA que je suis allée travailler sur les gens.
Quelques notes
De manière intéressante, je n’ai rien déniché dans les carnets #2 et #3, pas comme dans le premier où j’ai retrouvé quelque chose que j’avais totalement oublié. Toutes les bonnes idées que j’ai eues entre avril 2024 et août 2026 ont germé assez vite, d’une manière ou d’une autre : Aucune notification, Une catastrophe naturelle, ces trois histoires qui s’activent en tâche de fond, mes newsletters sur l’IA…
Cette revisite n’a pas pour autant été une perte de temps, évidemment. Je n’ai pas fait de l’archéologie, espérant découvrir des trésors oubliés, mais pour voir les tendances qui s’étaient dessinées ces trois dernières années et essayer de déterminer la suite des opérations. Et ça, ça se fera sûrement sur ce quatrième carnet d’idées – il va falloir que je le retrouve (ou, comme il ne contenait que 2 pages de reprises de l’ancien carnet, que je le déclare perdu et en refasse un autre, ça tombe bien, j’ai toujours du rab).
Je vous laisse avec cette citation pêchée pendant ma lecture du Désert de nous-mêmes, d’Eric Sadin (L’Échappée, 2025), et que j’aime toujours autant :

🎧 Le nouvel album de Kasabian, appelé Act III, dont après 2 écoutes nécessaires à l’écriture de cet article, j’aime beaucoup Hippy Sunshine et GLIDE.
- Ne croyez pas que cela veuille dire que je n’ai pas écrit dans un carnet d’idées depuis fin août : c’est juste que quand je vadrouille et que j’ai besoin de voyager léger (typiquement, quand je pars avec ma fille à l’autre bout de la France), j’ai un carnet de poche, dont je transfère le contenu pertinent une fois rentrée à domicile. ↩︎

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